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  • Manifestation de la communauté Alévis à Genève

    Ne restez pas silencieux face au génocide des alévis et aux massacres en Syrie!

    Environ 50 personnes issues des communautés alévis se sont rassemblées mercredi après-midi devant la poste de Mont-Blanc pour dénoncer un massacre commis contre les Alaouites, les Kurdes, les Chrétiens, les Yezidis et les Chiites par DAECH et AL QAÏDA en Syrie le 25 avril dernier.

    Les manifestants font état d'une quarantaine de morts civils et de centaines de disparus. Ils pointent des doigts des groupes islamistes d’Al Nosra et du Daech près de la frontière turque. Leur rassemblement avait pour but de donner une visibilité à ces faits et à relayer le message des victimes sur place.

    Les manifestants ont dénoncé l'implication de militaires turcs dans la formation de groupes armés apparentés à Al-Qaïda sur le territoire de la Turquie. Une grave accusation!Il s'agit, selon eux, du même groupe de djihadistes venus de Turquie qui avait saccagé les lieux de culte de la ville à majorité arménienne de Kessab (Syrie), le 21 mars 2014. "Ces groupes armés en veulent plus aux minorités intra-islamiques qu'aux autres minorités religieuses extérieures à l'islam".

    Manifestation organisée par la Centre Culturel des Alévis de Genève, par l’Association des Droits de l’homme et de Pir Sultan Abdal de Annecy et
    Centre Culturel des Alévis Cluses

     

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    CENTRE CULTUREL DES ALEVIS DE CLUSES

    Chers amis, chers syndicalistes, chers élus, chers citoyens,

    Je vous salue au nom du centre culturel des alévis de Cluses, mais également au nom du président de notre fédération de France, Mr KILICKAYA.

    Je vous remercie de votre présence, et de votre solidarité, contre la barbarie qui se produit au moyen orient, particulièrement en Syrie et en Irak, mais aussi en Afrique notamment au Mali, Kenya, Nigeria…
    Depuis des mois et aujourd’hui encore, des milliers  des personnes innocentes (Alévis, Kurdes, Turkmènes, Yezidis, chrétiens, …) des enfants, des femmes, des personnes âgées, sont torturées, violées et assassinées de la façon la plus ignoble aux frontières de la Méditerranée.
     
    Ces organisations terroristes nommée Al Nostra ou DAECH agissent sous les yeux de certains pays « amis » de l’occident. Les pays du Golf qui leur offre une assistance financière, mais aussi la Turquie qui fait partie de l’Otan. En effet le gouvernement d’Ankara a apporté un appui logistique, en servant de plateforme, laissant passer des milliers de terroristes par ses frontières, mais aussi et en leur fournissant les armes, dans le but de mettre le chaos dans ses pays voisins la Syrie ou l’Irak.  Aujourd’hui encore ces terroristes, traversent les frontières de part et d’autre sans être inquiétés, faisant tout genre de commerces et de trafics avec la Turquie.

    Nous dénonçons avec force, partout en Europe, cette complaisance, cette collaboration avec les terroristes, en laissant une gerbe noire devant les ambassades et les consulats de Turquie.
    Ne laissons pas la barbarie continuer dans le silence. Nos ennemis d’aujourd’hui seront vos ennemis de demain.

    Dénonçons ensemble le soutient  de ces pays « amis » à ces criminel de  daech ou Al nostra.
    Luttons ensemble pour la dignité humaine, contre la barbarie !

    Merci de votre attention.

     

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  • « Hommage à Ragıp Zarakolu : les pionniers de l’éveil turc »

     

    Le Samedi 2 mai 2015 Monsieur Remy Pagani, Conseiller administratif de la ville de Genève, a remis la médaille du mérite de la "Fondation Hagop D.TOPALIAN" à Monsieur Ragip Zarakolu, au nom de la communauté arménienne de Suisse, en remerciement de toutes ses actions pour le rétablissement de la vérité et son combat pour les droits humains

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    29ème Salon international du livre et de la presse de Genève

    Stand arménien pour le centenaire du génocide des Arméniens.

     

    « Hommage à Ragıp Zarakolu : les pionniers de l’éveil turc »

     

     

    Samedi 2 mai 2015. 17h00-18h00.

     

    1.   Introduction: 

    Aujourd'hui, nous, sur le stand arménien, (je pense que l'ensemble du salon du livre devrait ressentir la même chose) avons le grand honneur de compter parmi Ragıp Zarakolu, éditeur remarquable, défenseur emblématique de la liberté de publier et candidat au prix Nobel de la paix.

    Mais qui est donc Ragıp Zarakolu ? Ragıp Zarakolu est un éditeur turc, un intellectuel, un journaliste, un écrivain et un militant des droits de l’homme qui est né en 1948 sur l'une des îles des Princes au large d’Istanbul dont son père était le gouverneur. A cette époque-là, il y avait encore de nombreuses minorités qui vivaient sur ces îles. Aujourd'hui, il vit en exil en Suède.

    Depuis qu’il a créé sa maison d'édition Belge avec sa défunte épouse Ayşe Nur en 1977, Ragıp Zarakolu a été l'objet d’un véritable harcèlement de la part des autorités turques. Pourtant, il a toujours refusé d'abandonner sa campagne pour la liberté de pensée, luttant "pour la généralisation, en Turquie, d’une attitude de respect pour les différentes cultures et pensées".

     

    Au fil des ans, les accusations portées par les autorités turques contre Ragıp Zarakolu et son épouse ont conduit à des agressions, à des peines de prison, à des confiscations et à des destructions de livres, et à de lourdes amendes, mettant en danger la survie de la maison d'édition Belge. Tout au long de sa carrière d'éditeur, Ragıp Zarakolu a été mis à l’index par les autorités en raison de ses décennies de lutte pour la liberté d'expression, et en particulier sa promotion des droits des minorités et sa quête de vérité, de justice et de réconciliation. Le travail de Ragıp Zarakolu en tant qu’éditeur et son soutien sans réserve à la liberté de publier l’ont souvent conduit à des situations de conflit avec les autorités et mis en danger sa sécurité personnelle. Malgré la série d'attaques dont il a été la victime, il a constamment continué à aborder les questions litigieuses, encourageant ainsi un débat sain et la démocratisation de la Turquie.

     

    Ragıp Zarakolu est un membre fondateur de l'Association turque des droits de l’homme (ADH/IHD). Permettez-moi de dire quelques mots à sujet de la ADH. Qu'elle grande institution! Aujourd'hui en honorant Ragıp, nous honorons également cette grande institution, qui n'a pas hésité (lorsque les autorités turques ont déplacé pour la première fois la commémoration de la bataille des Dardanelles au 24 avril 2014 afin de gêner la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens le 24 avril 2015) à publier une déclaration appelant les chefs d'Etat étrangers et de gouvernement à boycotter les commémorations de Gallipoli et à assister aux cérémonies du 24 avril à Erevan à la place. Il y a quelques jours, avec l'UGAB et le groupe local DurDe («dire stop au racisme et au nationalisme»), l’association a organisé des manifestations de commémoration du génocide des Arméniens dans la ville où tout a commencé, Istanbul (à la place Taxim et à Haydarpacha en particulier, la gare à partir de laquelle les 240 intellectuels arméniens arrêtés le 24 avril 1915 ont été déportés).

     

    Ragıp Zarakolu a également longtemps été président du Comité liberté de publier de l’Association turque des éditeurs (ATE/TYB). En tant que tel, il a documenté et rendu public, dans un rapport annuel, les nombreuses violations du droit à la liberté de publier en Turquie et était donc à l'avant-garde de la défense de la liberté de publier des autres écrivains et autres éditeurs, y compris celle des petits éditeurs et écrivains kurdes dont la défense intéressait par ailleurs très peu les autres organisations nationales ou internationales de défense de la liberté d’expression. S’il y avait encore eu des maisons d'édition arméniennes en Turquie (aujourd’hui il n’en reste qu’une), il aurait défendu leurs droits avec la même conviction, vous pouvez en être sûr.

     

    2. Ragıp Zarakolu, une victime de harcèlement judiciaire :


    Sans titre.pngAprès cette longue introduction, je voudrais dire quelques mots sur la façon dont  Ragıp Zarakolu a été la cible constante d’un véritable harcèlement judiciaire pendant de longues années par l’intermédiaire de trois exemples seulement au cours des 15 dernières années. Mais en réalité, il y aurait beaucoup plus d’exemples à donner sur une période beaucoup plus longue. Mais le temps nous manque. Quoi qu’il en soit,  vous serez en mesure de juger par vous-même:

     

    Exemple n° 1 : En 2003, pour sa publication du livre « Le régime  du 12 septembre en procès » de G. Caglar, Ragıp Zarakolu a été poursuivi par la cour de sûreté d’Etat d'Istanbul en vertu de l’(ex-) article 312 du Code pénal turc («incitation à la haine sur la base de la classe, de la race ou de la religion »). Il a également été accusé (en vertu de la législation anti-terroriste) de faire de la propagande séparatiste par voie de publication. Que contenait donc ce livre pour être ainsi traité de la sorte comme un terroriste dans une cour de sûreté d’Etat? La somme des violations des droits de l’homme commise par le régime militaire issu du coup d’Etat de 1980. Les droits de l'homme seraient ainsi un sujet aussi dangereux qu’une bombe ! En décembre 2003, cette Cour de sûreté d'État, à la fin d'une procédure qui a duré de longs mois (c’est aussi là que réside le harcèlement judiciaire),  finit par acquitter Ragıp Zarakolu.

    Exemple n° 2 : Dès qu'il a été acquitté dans cette affaire, le même jour, la même Cour a décidé d’ouvrir un nouveau procès contre lui pour un article qu'il avait écrit en mars 2003 dans un quotidien kurde et qui était intitulé « Sana Ne? » (« Qu'est-ce que ça peut bien vous faire? »). Cet article portait sur la politique étrangère turque au Kurdistan irakien. Encore une fois cette procédure a duré de longs mois.

    Exemple n° 3 : En mars 2011, Ragıp Zarakolu a été condamné par un tribunal d'Istanbul à payer une amende de TL 16,660 (€ 8330) parce qu’il avait publié le livre de Mehmet Güler «Le Dossier LCK/Etat global et les Kurdes sans Etat ». Mehmet Güler a également été condamné à une peine de prison avec sursis de 15 mois. Ragıp Zarakolu et Mehmet Güler étaient accusés, en vertu de l'article 7/2 de la loi anti-terroriste, de "propagande" pour une organisation illégale, le Parti des travailleurs kurdes (PKK). Le livre, qui a été interdit immédiatement après sa sortie lors du salon du livre de Diyarbakir en mai 2010, reste interdit.

    Le schéma du harcèlement judiciaire apparaît ainsi clairement. Il y a toujours au moins une enquête ou un procès à l’encontre de Ragıp Zarakolu. La plupart du temps, il y en a plusieurs en même temps. Par ailleurs, les procédures s’éternisent pour le vider psychologiquement et pour le détourner de sa mission d’éditeur engagé. Tout cela pourquoi ? Parce qu’il exerce son droit à la liberté d’expression sur des sujets jugés sensibles par les autorités.

    Avant 2003, entre 2003 et 2011, et après 2011, il y eu bien d’autres cas, bien d’autres procès jusqu'au coup final : l'arrestation de Ragıp le 28 octobre 2011 (avec 40 autres personnes) et sa détention dans une prison de haute sécurité pendant près de six mois.

    Permettez-moi donc de vous parler de son dernier séjour en prison. Croyez-moi, vous pouvez penser que ce discours commence à être long, mais il commence à peine à rendre hommage à Ragıp Zarakolu et ne reste qu’un aperçu rapide de ses décennies de lutte pour la justice.

    3 Son dernier séjour en prison:

    Après son arrestation le 28 octobre, il a été jeté en prison le 1er novembre 2011. Près de cinq mois plus tard, le 19 mars 2012, le procureur Istanbul, M. Adnan Çimen, a enfin inculpé Ragıp Zarakolu pour «complicité avec une organisation illégale». Le procureur a requis entre 7,5 et 15 années de prison pour Ragıp Zarakolu. Il a été libéré de prison, en attendant son procès, le 10 avril 2012 à la suite d'une détention de près de 6 mois dans une prison de haute sécurité.

    Quels sont les éléments qui ont permis de mettre un terme à cette trop longue et inutile détention ? La campagne internationale pour sa libération, le travail de ses avocats, et le fait qu’au début de 2012, sept parlementaires suédois de divers partis politiques ont nommé  Zarakolu au Prix Nobel de la Paix.

    Pourquoi Ragıp a-t-il passé près de 6 mois dans une prison de haute sécurité et pourquoi a-t-il risqué (et risque-t-il encore) d’y passer 15 ans ?

    Il a été arrêté, comme je le disais, le 28 octobre 2011 alors qu’il rentrait chez lui. Cette arrestation s’inscrivait dans le cadre d'une répression plus vaste qui avait été initiée en 2009 contre les partis politiques kurdes, conduisant à l'arrestation de milliers de personnes (syndicalistes, étudiants, etc.). Il a été détenu en détention préventive en vertu de la loi anti-terroriste turque (LAT) pour appartenance à une organisation illégale (Koma Ciwaken Kurdistan), la Ligue des Communautés du Kurdistan (LCK). La LCK serait une organisation faîtière, qui comprendrait, par exemple, le PKK.

    La demande de remise en liberté de ses avocats, en attente du procès, a été rejetée une première fois en novembre 2011. Le processus menant à la finalisation du dossier d'inculpation a duré près d'un an et demi, ce qui soulève de sérieuses questions quant à la réalité de l’Etat de droit en Turquie. Pendant des mois, l’accès au dossier d'accusation (le fichier LCK), un document de 2400 pages concernant au moins 180 accusés, dont Ragıp Zarakolu, a été refusé à ses avocats.

    De notre point de vue, quel était son crime ? Assister à une réunion publique et pacifique du parti pour la paix et la démocratie (BDP) pendant laquelle la discrimination contre la minorité kurde de Turquie était débattue. Le 27 février 2012, les avocats de Ragıp Zarakolu ont déposé une requête à la Cour européenne des droits de l'homme.

    Dans sa première lettre envoyée de prison par le biais de son avocat Özcan Kiliç, Ragıp Zarakolu écrivait : «Mon arrestation et l'accusation d'appartenance à une organisation illégale font partie d'une campagne qui vise à intimider tous les intellectuels et les démocrates de Turquie visant à priver les Kurdes de tout soutien ».

    Ragıp Zarakolu a par ailleurs déclaré que pendant la descente de police à son domicile, cette dernière n’a confisqué que quelques livres comme «preuve » de tout crime et n’a rien trouvé sur ses prétendues relations avec quelque organisation que ce soit.

     

    Les livres confisqués étaient les suivants : Vol. 2 de «Vatansiz Gazeteci» (journaliste sans Etat) de Dogan Özgüden, rédacteur en chef du site web Info-Türk, basé à Bruxelles; «Habiba» de Ender Ondes; «Processus de paix» de Yüksel Genç; et les manuscrits de trois livres sur le génocide des Arméniens.

    Ragıp Zarakolu a conclu sa lettre par l'appel suivant: «Lors de mon interrogatoire, ils ne m’ont posé aucune question relative à l'organisation à laquelle on m’accusait d'appartenir. Ils m’ont seulement interrogé sur les livres que j’ai écrits ou édités et sur les réunions publiques auxquelles j’ai participées en tant qu’intervenant ou simple participant. Je pense qu’il est du devoir de tous de réagir contre ces arrestations qui se sont transformées en une campagne de lynchage de masse. Ces pratiques illégales doivent être arrêtés ».

    Selon l'Association turque des droits de l’homme, la véritable raison pour laquelle Ragıp a été arrêté à la fin de 2011, c’est parce qu’il avait reçu la médaille Hakop Meghapart en Arménie en 2010 pour sa contribution à la publication de l'histoire, de la culture et de la littérature arméniennes en Turquie.

     

    Quelles étaient ses conditions de détention ?

     

    Ragıp Zarakolu était détenu dans une prison de haute sécurité de type F à Koaceli, ville située à 80 kilomètres à l'est d'Istanbul. Son fils Deniz l’y a rejoint le 30 décembre 2011. Deniz a passé beaucoup plus de temps que son père en prison et n’a été libéré que le 27 mars 2014, après avoir passé 2 ans et demi en prison (en détention préventive). Pouvez-vous imaginer combien cela a dû être dur pour son père d'avoir son fils en prison pendant encore deux ans après sa propre libération ? Aujourd'hui Deniz poursuit son travail d’éditeur à la maison d'édition Belge. Permettez-moi de saisir cette occasion pour vous dire à quel point cette extraordinaire maison d'édition a besoin de votre soutien pour continuer d’exister. S'il vous plaît ne l'oubliez pas. Pour les soutenir, il suffit d'acheter leurs livres!

    Ragıp était détenu dans cette prison de haute sécurité parmi de véritables criminels. Après son arrestation, il a été privé de l'élément vital de toute personne littéraire : les livres. Ou qu’il soit, dans n’importe quelle ville, que ce soit à Oslo ou ici à Genève où hier encore sur ce stand arménien il a acheté entre 10 et 20 livres, Ragıp a un livre à la main. Comme Min Ko Naing a déclaré à sa sortie de prison en 2004, le plus difficile était de «ne pas être en mesure de voir, d'étudier et de lire ». Lorsque Ragıp a été nommé pour le Prix Nobel de la Paix à la fin du mois de janvier 2012, les autorités lui ont donné la permission d’accéder à la bibliothèque de la prison et d'utiliser un ordinateur une fois par semaine. En prison, Ragıp, qui n'est pas kurde, a commencé à y apprendre le kurde (un jour, il pourrait aussi apprendre l’Arménien!). Au fond de sa cellule, il a eu des hauts et des bas. En même temps que cette épreuve se passait, l'imprimeur de la maison d'édition Belge, Sadik Daşdöğen, était également détenu à la prison de Metris à Istanbul. Permettez-moi également d'avoir quelques mots pour Suzan Zengin, la traductrice de Belge décédée en octobre 2011, peu de temps après sa sortie de prison où elle avait passé plus de deux ans.

    4.   La maison d'édition Belge :

    En honorant Ragıp, nous ne pouvons pas ne pas parler de la maison d'édition Belge, que  Ragıp Zarakolu et sa défunte épouse Ayşe Nur ont fondé en 1977.

    Jusqu'au coup d'Etat militaire du 12 Septembre 1980, la maison d'édition Belge publiait surtout des livres académiques et théoriques. Ensuite, Belge a commencé à publier une série de livres écrits par des prisonniers politiques. Cette série de 35 livres comprenait des poèmes, des nouvelles et des romans.

    La liste des publications de Belge inclut par ailleurs de nombreux livres traitant de la question des Kurdes en Turquie. Par exemple, «Tunceli Kanunu (1935) ve Dersim Jenosidi» de Ismail Besikci. Elle comprend également plus de 10 livres (traductions) de littérature grecque, quelques livres en lien avec les Juifs en Turquie.

    Cette maison d'édition a toujours attaqué de front les principaux tabous de la société turque qui y limitent la liberté d’expression : que ce soit l'armée, le kémalisme, ou la question kurde/le séparatisme kurde.

    Aujourd'hui, comme je le disais plus haut, la survie même de la maison d'édition Belge est en jeu, Ragıp étant contraint à l'exil. Son fils Deniz est à la barre, mais la situation reste très difficile et exige une surveillance, une attention de tous les instants même par ceux qui se soucient de cette institution de la liberté de pensée, de cette institution qui s’est toujours battue pour la Justice, pour les opprimés.

    La maison d'édition Belge a publié des traductions de la littérature arménienne. Elle a également "attaqué" ce qui est sans doute le plus grand tabou de la République turque: Le génocide des Arméniens.

     

    5.Un ardent défenseur de la vérité, de la Justice et de la réconciliation

     

    La maison d'édition Belge a effet publié plus de 10 livres sur la question arménienne dans son ensemble et sur le génocide des Arméniens en particulier, tels que «La vérité nous libérera: Turcs et Arméniens réconciliés» de George Jerjian, ou «Un docteur arménien en Turquie: Garabed Hatcherian : Mon épreuve de Smyrne en 1922» de Dora Sakayan.

     

    Pour la publication du livre de George Jerjian, Ragıp Zarakolu a été reconnu coupable en 2008, en vertu du tristement célèbre article 301 du Code pénal turc (CPT), d'«insulte envers la République turque». Il a été acquitté de l'autre chef d’inculpation («insulte de la mémoire d'Atatürk» (loi 5816)). Fort heureusement, sa peine de prison de 5 mois a été commuée une amende. Mais le procès dura près de 3 longues années, trainant d’audiences en audiences.

     

    Pour le livre de Dora Sakayan, Ragıp dû faire face à une autre épuisant procès d’une durée de 3 ans en vertu du même article 301 CPT.


    Sans titrejenosid.pngAu début des années 1990, la maison d'édition Belge a publié «Jenosid», une traduction d’ «Autopsie génocide arménien» de V. Dadrian (Ed. Complexe, Bruxelles). Ce faisant, Belge devenait la première maison d'édition turque à publier un livre sur le génocide des Arméniens. Pouvez-vous imaginer le courage qu'il a fallu avoir pour aller de l'avant avec une telle publication, un tel titre, dans les années où, par exemple, les villages étaient brûlés au Kurdistan?

     

    Après la publication de « Jenosid », les bureaux de la maison d’édition Belge furent visés par un attentant à la bombe, forçant la maison d'édition à trouver refuge dans un sous-sol de la vieille ville d’Istanbul où elle se trouve encore aujourd'hui. Regardez bien cette couverture de livre! C’était 20 ans avant le livre «Ermeni Soykirimi» de Hassan Cemal! Ne l'oublions pas !

     

    Ce faisant, les Zarakolu furent parmi les premiers intellectuels turcs à reconnaître officiellement le génocide des Arméniens. Car la vérité est une valeur importante aux yeux de cet homme courageux. Lors de son dernier séjour en prison, il a reçu un flot de messages de soutien. Beaucoup d'entre eux soulignaient que la vérité était ce qui comptait le plus pour lui. Par exemple, la branche écossaise de Pen International, l'association internationale des écrivains, a écrit la chose suivant à Ragıp : "Vous avez eu le courage de vous concentrer sur la vérité à un moment où de nombreux éditeurs préfèrent se concentrer uniquement sur l'argent". 

    Depuis la publication de «Jenosid», Ragıp Zarakolu a de facto su trouver le courage de s’opposer aux autorités de son pays sur ce sujet ô combien fondamental du génocide des Arméniens. Car Ragıp, en tant que vrai démocrate, sait qu'il ne peut y avoir aucune démocratisation réelle et durable en Turquie sans une reconnaissance complète, par les autorités elles-mêmes, que ce qui est arrivé en 1915 était un génocide. Comme véritable ami des Arméniens, il sait aussi que tant que cette reconnaissance ne se fera pas, le peuple arménien restera toujours en danger et pourrait même, dans le pire des cas, être définitivement effacé de la carte de son berceau historique. 

    Il existe de nombreux exemples de Ragıp ayant eu le courage d'affronter son gouvernement sur le génocide des Arméniens. Par exemple, en juin 2009, lors du Forum mondial sur la liberté d'expression (FMLE), qui a eu lieu à Oslo, en Norvège, Ragıp Zarakolu a remplacé à la dernière minute un autre homme courageux, l’historien Taner Akçam, dans un panel sur le droit et la politique de déni. Après son discours, qui a  notamment abordé la question du génocide des Arméniens, le Consul turc d’Oslo a demandé à prendre la parole. Un microphone fut donné au Consul qui pu ainsi vivement critiqué Ragıp, l’accusant de proférer des mensonges. Une éditrice iranienne prenant part au FMLE a alors avoué qu'un tel comportement, de la part du gouvernement turc, la faisait se sentir «en danger». Ce consul était le seul représentant d’un gouvernement à assister aux sessions de ce forum mondial des ONG sur la liberté d'expression! Pourquoi? Pour nier publiquement que jamais il n’y a eu de génocide des Arméniens!

     Un rôle pionnier dans la sensibilisation de la société civile turque.

     

    Aujourd'hui, comme nous l'avons vu à Istanbul, à Diyarbakir et dans d'autres villes turques, le 24 avril 2015, la société civile turque indépendante s’est courageusement emparée du tabou du génocide des Arméniens. Nombreux sont ceux qui conviennent que l'horrible événement qui a permis cette prise de conscience, comme dans le cas de Hassan Cemal, le petit-fils du principal organisateur du génocide des Arméniens, fut l'assassinat de Hrant Dink le 19 janvier 2007. Cela est tout à fait vrai. Pourtant, cette prise de conscience avait commencé un peu plus tôt avec, par exemple, la tenue de la première conférence sur le génocide des Arméniens à l'Université Bilgi en 2005, ou encore la même année la publication du «Livre de ma grand-mère » de Fethiye Cetin, un livre dans lequel elle révélait, pour la première fois en Turquie, que sa grand-mère était une Arménienne islamisée de force.

     

    Cette prise de conscience a été clairement accélérée par l'assassinat de Hrant Dink (et le slogan «Nous sommes tous Arméniens, nous sommes tous Hrant Dink» scandé lors de ses funérailles publiques le 23 janvier 2007 réunissant plus de 100000 personnes), mais cette prise de conscience n’aurait pas été possible DU TOUT, sans le travail pionnier, courageux et de fond des Zarakolu et de Ragıp Zarakolu.

     

    Je n’arrive pas à penser à un homme qui serait plus digne du Prix Nobel de la Paix. En attendant, la communauté arménienne de Suisse est honorée de rendre un hommage solennel à Ragıp Zarakolu pour son engagement constant et authentique en faveur des minorités et son rôle pionnier dans la prise de conscience de la réalité du génocide des Arméniens en Turquie.

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  • Fête internationale des travailleuses et des travailleurs.!

    Fête internationale des travailleuses et des travailleurs! 

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    PDT par Alexander ENILINE

    Discours pour le 1er mai 2015, au monument à la mémoire des Brigadistes

    Chères et chers camarades,

    Nous sommes réunis ici devant le monument à la mémoire des Brigadistes, ces héros qui se sont battus aux côtés de la République espagnole et contre le fasciste, contre la réaction, pour la démocratie, pour la justice sociale, pour le socialisme, et souvent ont donné leur vie pour cette cause. Ils resteront à jamais un exemple vivant d’internationalisme et une source d’inspiration pour nous. A leur retour, ils furent persécutés par la Confédération. En se retranchant derrière la « neutralité », la Suisse officielle cachait mal le fait qu’objectivement elle était du côté de Franco.

    Le symbole même qu’incarne ce monument nous force aujourd’hui à penser à un autre 1er mai, ailleurs sur la planète. En Ukraine, le pouvoir en place a interdit la célébration du 1er mai. Nos camarades du Parti communiste d’Ukraine se voient menacés par les milices néonazies d’être tabassés, peut-être à mort, si jamais ils osent manifester malgré tout, ce qu’ils se sont engagés de faire. Ce pays, qui bénéficie d’un soutient sans faille de l’Occident au nom d’intérêts géopolitiques, interdit désormais les symboles communistes, prévoit d’interdire le Parti communiste, mène une guerre contre son propre peuple, persécute ceux qui luttent pour les droits des travailleurs, réhabilite ceux qui durant la Deuxième Guerre mondiale ont pris fait et cause pour Hitler et ont participé avec un zèle tout particulier à ses crimes, permet aux néonazis de porter les armes et de semer la terreur et leur donne des postes de haut rang dans les ministères. Comme les Brigadistes naguère, les communistes ukrainiens ont besoin aujourd’hui de notre solidarité.

    Mais il n’est à vrai dire pas étonnant que le gouvernement fascisant ukrainien à la solde des oligarques haïsse tout ce que représente le 1er mai. Car qu’est que le 1er mai ? Il y a un peu plus d’un siècle, en 1913, Rosa Luxemburg le définissait ainsi : « L’idée brillante, à la base du Premier mai, est celle d’un mouvement autonome, immédiat des masses prolétariennes, une action politique de masse de millions de travailleurs qui autrement auraient été atomisées par les barrières des affaires parlementaires quotidiennes, qui n’auraient pour l’essentiel pu exprimer leur volonté que par le bulletin de vote, l’élection de leurs représentants ». Cette formule reste entièrement juste aujourd’hui et rappelle opportunément ce qu’est le 1er mai : une journée d’unité et de lutte, un rappel utile au pays de la « paix du travail » où le 1er mai a trop souvent tendance à s’institutionnaliser, à devenir un rite parmi d’autres, et à perdre quelque peu par là son tranchant révolutionnaire, que pourtant nous ne devons jamais laisser s’émousser.

    Ce tranchant révolutionnaire et de lutte de classe, nous devons moins que jamais laisser s’émousser, puisque nos adversaires, eux, sont à l’offensive et essaient de nous imposer une politique de régression sur toute la ligne. Le patronat mène une politique agressive, sans aucun égard à un quelconque « partenariat social », d’attaque contre tous les droits des travailleurs, pour la baisse des salaires, l’extension des horaires de travail, la flexibilisation à outrance. La droite suisse et genevoise conduit un véritable démantèlement social, de destruction du très peu de protection sociale qui existe en Suisse et qui a été obtenue en des décennies de luttes. Je pense tout particulièrement au « Paquet Berset » et à la véritable casse des retraites que ce conseiller fédéral prétendument « socialiste » essaye d’imposer…qui ne sera que la prémisse d’un démantèlement encore plus brutal et d’ores et déjà prévu par la droite. La droite genevoise, sous prétexte d’une dette publique qu’elle a elle-même sciemment créée, met en place une politique d’austérité drastique, de destruction de services publiques absolument indispensables, le tout pour le seul bénéfice d’une toute petite poignée de privilégiés.

    Nous devons combattre cette régression organisée dans l’unité et la détermination.

    Mais la radicalité même, la violence des attaques de nos adversaires de classe doit nous rappeler la nécessaire radicalité de notre lutte à nous et sa finalité. Qu’il soit néolibéral ou régulé, le capitalisme restera le capitalisme, un système nécessairement fondé sur l’exploitation de l’homme par l’homme. Jamais il ne sera social. Jamais des demi-mesures ne sauront suffire. Ainsi que l’avait dit Rosa Luxemburg : « Or le but final du socialisme est le seul élément décisif distinguant le mouvement socialiste de la démocratie bourgeoise et du radicalisme bourgeois, le seul élément qui, plutôt que de donner au mouvement ouvrier la vaine tâche de replâtrer le régime capitaliste pour le sauver, en fait une lutte de classe contre ce régime, pour l’abolition de ce régime ». Tel était, tel doit demeurer le sens du 1er mai.

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    Amnesty International par Emily BAUD

    « INITIATIVE POPULAIRE FÉDÉRALE POUR DES MULTINATIONALES RESPONSABLES »

    Chers amis, camarades et partenaires,

    Au nom de la Section suisse d’AMNESTY INTERNATIONAL et en tant que représentante du Comité Exécutif des Groupes de Genève, je tiens tout d’abord à remercier Claude Reymond et la CGAS, ainsi que la Coalition du 1er Mai dans son ensemble, de nous accorder la parole lors de cette manifestation.

    En effet, traditionnellement, le Groupe 1 tient un stand aux Bastions pendant la Fête du Travail, mais cette année la situation est un peu différente : AMNESTY fait partie d’une coalition de 66 organisations – dont certaines des vôtres, le GSsA, les syndicats UNIA ou SSP-VPOD, mais aussi des ONG comme Alliance Sud, GREENPEACE, la Déclaration de Berne, SOLIDAR, Terre des Hommes, ETHOS ou Peace Watch, pour n’en citer que quelques-unes, qui lance une Initiative populaire fédérale pour des multinationales responsables, afin d’inscrire dans la Constitution Helvétique l’obligation pour les multinationales suisses de respecter à l’étranger les Droits humains et environnementaux.

    Cette initiative, lancée le 21 avril, est issue de la pétition « Droit sans Frontières », qui avait récolté 135’000 signatures en 2012, mais qui n’a pas été suivie d’actions concrètes de la part du Conseil Fédéral : tout en reconnaissant qu’il y avait problème dans les agissements de certaines entreprises, il a préféré laisser au bon vouloir de chacune la façon de gérer ses activités, en espérant qu’elles le feraient de manière responsable ! Sauf que, sans mesures contraignantes, il n’est pas possible de compter sur la bonne volonté des plus grosses multinationales à faire passer la justice avant leur profit... Ainsi la Suisse se situe au 9e rang des pays recensés impliqués dans des cas de violations des Droits humains à l’étranger !

    C’est pourquoi l’Initiative pour des multinationales responsables veut remédier à cette lacune dans la protection des êtres humains et de l’environnement qui n’a pas suivi l’évolution de la mondialisation : introduire le devoir de diligence dans la loi, de sorte que les entreprises aient l’obligation de garantir que leurs activités ne violent pas les droits fondamentaux, selon les principes dits de Ruggie (adoptés par l’ONU en 2011), à savoir "évaluer les risques", "agir en conséquence", "rendre compte".

    Il est effectivement grand temps d’en finir avec les multinationales "voyous" !

    Quelques exemples ? Glencore au Congo, avec la pollution des eaux et les violences commises à l’égard de la population par ses agents de sécurité ! Syngenta, qui continue à vendre un pesticide hautement toxique aux pays en développement alors qu’il est interdit en Suisse depuis 1989 ! Roche et Novartis, qui utilisent des cobayes humains dans des pays pauvres et moins regardants éthiquement parlant (Ukraine, Russie, Inde...) pour tester leurs médicaments et laisser brutalement les cobayes sans suivi médical à la fin des essais ! Et il y en aurait bien d’autres à citer, malheureusement...

    L’Initiative devrait donc donner la garantie de l’application des trois Principes directeurs :

    • Le devoir de la Confédération de s’assurer que ses entreprises ne violent pas les Droits humains et environnementaux.
    • La responsabilité des multinationales suisses de respecter ces mêmes Droits et de tout mettre en œuvre pour empêcher leurs violations.
    • L’accès à des voies de recours efficaces pour les victimes de violations de ces mêmes Droits. >br_>
    • Je vous remercie par avance de faire bon accueil à nos bénévoles et d’ajouter votre nom sur les feuilles qui vous seront présentées ce 1er Mai, première Journée officielle du lancement en vue de recueillir les 100’000 signatures valides !

    Emily BAUD

    Comité Exécutif AMNESTY INTERNATIONAL GENÈVE

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    CUAE par Quentin STAUFFER

    Chères Camarades,
    Vous le sentez ce vent de l’austérité libérale ?

    Ce vent qui s’attaque à nos conquêtes sociales, diminue les salaires ici et là, augmente l’écart de salaire entre hommes et femmes, ce vent qui s’en prend à nos retraites. Il touche tous les âges et les étudiantes1 ne sont pas épargnées.

    Ces dix dernières années, le gouvernement genevois a diminué de près de moitié le montant alloué aux bourses, précarisant toujours plus les étudiantes. Aujourd’hui, une étudiante sur cinq connait de grandes difficultés financières.

    Cette précarité fait que 75% des étudiantes doivent travailler à côté de leurs études au détriment de ces dernières. Le patronat use de cette main d’oeuvre, la paye moins, la met en concurrence avec les travailleuses et développe ainsi le dumping salarial. À l’exemple de Migros qui applique une distinction salariale entre les travailleuses fixes et les étudiantes en ne payant pas le supplément du dimanche aux étudiantes.
    Cette précarité induit une sélection sociale et une reproduction des inégalités. Le même nombre d’étudiante abandonne leurs études pour des raisons économiques que pour des raisons d’échec aux examens. Ni le statut social ni les moyens financiers ne devraient déterminer la poursuite des études. L’argent ne doit pas constituer un obstacle aux études. Pour lutter contre cette précarité, une augmentation des bourses d’études est un pas en avant.

    C’est pourquoi nous profitons de la tribune pour lancer la campagne pour l’initiative sur les bourses. En effet, le 17 juin prochain, une initiative demandant notamment une augmentation du nombre de bourses sera votée. Nous vous invitons à la soutenir !
    Nous parlons du lancement de la campagne, mais à vrai dire, le combat pour des bourses d’études à commencer depuis longtemps. La lutte pour une école accessible à toutes a commencé depuis longtemps. Et cette lutte-là n’est pas qu’étudiante. Cette lutte-là appelle à l’unité entre travailleuses et étudiantes.Pour garantir un avenir à notre jeunesse, Pour lutter contre la précarité étudiante Pour permettre des études pour toutes Oui le 17 juin et vive le 1er mai !

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    solidaritéS par Jean BURGERMEISTER

    Discours 1er Mai pour solidaritéS : Jean Burgermeister

    Les derniers mois ont été riches pour le mouvement social à Genève. Il y a eu bien-sûr la victoire des travailleuses et travailleurs des TPG qui a fait plier le gouvernement de droite et d’extrême droite. Il y eu la large mobilisation pour le défense de la fonction publique qui a regroupé les travailleu-ses-s et les usager-e-s. Plus récemment encore les mobilisations pour un accueil digne des requérant-e-s d’asile et la capitulation de Maudet qui a été forcé à renoncer au renvoi d’Ayop. De toutes ces mobilisations nous avons à apprendre car elles nous renforcent mais elles ne suffisent pas à compenser le climat politique et social morose qui se répand en suisse et en Europe.

    Ici comme ailleurs sur le continent, les attaques se multiplient contre les conditions de travail, les retraites, le service public, contre tout ce que nous appelons le bien-commun. Parallèlement, ce sont les droits démocratiques qui sont attaqués : le droit de manifestation, les droits syndicaux et comme nous l’avons vu récemment le droit de grève !

    Le durcissement du front bourgeois est l’une des caractéristiques du néolibéralisme. Ces causes sont à chercher dans les logiques profondes du capitalisme. Le premier ne doit pas être considéré séparément du second car il est la réponse à la crise structurelle que connait le capitalisme depuis plus de 30 ans.

    Le capitalisme ne tolère plus de compromis : on le voit plus clairement que jamais en Grèce où l’UE exerce des pressions immenses pour faire capituler le gouvernement Syriza au mépris de la volonté populaire qui s’est exprimé récemment dans les urnes, mais aussi bien avant ça, qui s’est manifesté puissamment dans les rues !

    Faces à ces attaques, il demeure nécessaire de construire un véritable front de lutte capable de battre en brèche l’austérité et toutes les oppressions que porte en lui le capitalisme comme la nué l’orage : l’oppression de classe évidement, mais aussi les discriminations basées sur le genre, la sexualité, l’origine, … On ne peut subordonner une lutte à une autre, toutes sont organiquement liées et ces combats doivent être menés de front. On observe d’ailleurs que l’offensive néolibérale est couplée à des attaques réactionnaires.

    Devant l’intransigeance des classes dominantes, les revendications même les plus modestes passent par un degré élevé de confrontation. La défenses des intérêts des classes populaires ne peut se faire sans un affrontement frontal que nous devons préparer. Battre en brèche le néolibéralisme exige d’être radical : être radical c’est prendre les choses par la racine et la racine de l’être humain c’est l’être humain lui-même. C’est cela que nous devons placer au centre dans notre projet de société. Cela réclame de remettre au goût du jour les notions de bien-communs et de solidarité, défendre les services publics et les bien de la nature, avec pour horizon : « de chacun selon ses capacités, pour chacun selon ses besoins ».

    Les défis et luttes que nous aurons à mener dans les prochains temps seront nombreux : il y a l’Accord de Commerce sur les Services négocié en secret à Genève qui veut accroitre la libéralisation des services publics, la troisième réforme d’imposition des entreprises qui va massivement diminuer l’imposition du capital ce qui entrainera inévitablement des coupes dans les budgets publics, il y a encore le paquet Berset qui attaque les retraites des femmes…..

    Il est donc urgent d’organiser la riposte et que le nombre immense prenne conscience de sa force. Une riposte par-delà les frontières car, dans toute l’Europe, l’austérité tue ; à travers le monde, les puissances impérialistes s’affrontent pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres mais qui entraient des peuples entiers dans la guerre et la misère : nous n’avons définitivement que peu de choix : socialisme ou barbarie.

    « Etre radical, c’est prendre les choses par la racine. Et la racine de l’homme, c’est l’homme lui-même. »

    « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. »

    le nombre immense qui ne connait pas sa force

    de Karl Marx

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    UNIA par Sarah NEBOUX
    au parc des Bastions

    Discours du 1er mai

    Sarah Neboux (Unia Genève, déléguée de la branche horlogère)

    Chères et chers camarades

    Je veux, en ce 1er mai 2015, rappeler deux dates ont marqué l’année syndicale pour nous salariés à Genève et en Suisse depuis l’année dernière. Nous n’oublions toujours pas le 9 février 2014, quand une faible majorité d’électeurs a accepté l’initiative UDC « contre l’immigration de masse ». Les syndicats l’avaient dit haut et fort avant le vote : sans mesures d’accompagnement efficaces contre des patrons qui continuent à baisser nos salaires et ceux de nos collègues immigrés, le discours haineux de division et de fermeture de l’UDC allait passer. Les patrons et l’Etat n’en voulaient rien savoir, et nous avons malheureusement eu raison ! Aujourd’hui, le Conseil fédéral jette encore de l’huile dans le feu et propose à terme d’affaiblir nos protections contre le dumping salarial ! Mais ça sera sans les syndicats genevois, qui se battront avec nos collègues frontaliers contre toute tentative de division et démantèlement de nos droits, dans les entreprises, sur les chantiers et dans le champ politique où nous sommes en train de réaliser la mise en place de notre Inspectorat des entreprises !

    Et le 15 janvier 2015 la Suisse est devenue du jour au lendemain 20% plus chère pour l’étranger ! La comparaison avec 2011 quand le franc avait subi une augmentation similaire nous rappelle toutefois une certaine prudence face à des mesures trop précipités. En effet, le commerce extérieur genevois en 2011 a résisté aux ralentissement de l’économie mondiale et à la montée du franc avec un taux de croissance à deux chiffres. il est surtout très claire que l’augmentation du temps de travail des salariés n à jamais et ne sera jamais une solution. Certaines entreprises peu scrupuleuses on même penser à modifie notre salaire entre parenthèse pas à la hausse bien sûr. Il y a eu aussi des menaces de licenciement à cause du francs fort. Alors je vous demande de prendre votre destin en main et de ne plus croire n’importe quoi, sous l’intimidation de vous consultez et de joindre le syndicat pour vous soutenir en cas d’abus.

    Pour les délégués syndicaux dans l’industrie genevoise, il est exclu que des travailleurs paient le prix d’une crise dont ils ne sont en aucun cas responsable et dont les effets reste à prouver. Nous avons pris en compte la demande des entreprises qui étaient réellement en difficultés et avons demandé des mesures de soutien cantonales, un fond d’aide cantonal. Et la pression a eu son effet : Le Conseil d’Etat a annoncé la mise en place de fonds qui fournira une garantie contre la fluctuation du taux de change.

    Aujourd’hui 1 mai j’ai fait un rêve, que les salariés à partir d’aujourd’hui s’unissent et rejoignent les syndicats pour que plus jamais on arrive à voir des entreprises avec des taux de bénéfices mirobolant se permettant de mettre à la porte des salariés ou de leurs baisser leurs salaires sous prétexte d’un franc fort ou d’une crise sans rentre des comptes. Remettre l’être humain, le travailleur au cœur de la vie économique et social.

    Merci à vous

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    Fédération des Kurdes en Suisse par Ilyas KULL

    Au nom des associations kurdes de Suisse
    Vive le 1er mai, journée de lutte et de solidarité !

    Bonne fête du 1er mai à tous les travailleurs et ouvriers du monde, à tous les peuples opprimés !

    Nous, immigrés kurdes, ouvriers, fonctionnaires, chômeurs, pauvres, femmes et jeunes, sommes dans la rue le 1er mai. Nous sommes ensemble pour la paix, la liberté, la démocratie et pour une vie plus digne, débarrassée de l’oppression et de l’exploitation. Nous sommes solidaires dans le combat pour les droits et les libertés.

    Nous sommes dans la rue le 1er mai avec tous les problèmes liés à la précarisation, aux violences à l’égard des femmes, à la dévastation de l’environnement, à la guerre, etc. Nous, les immigrés du Kurdistan qui avons été contraints de quitter notre pays du fait de la guerre, sommes avec vous sur ces places depuis des années. En tant que travailleurs, nous subissons également la dégradation des conditions de travail en Suisse. Et en tant que Kurdes, nous sommes en plus confrontés à la question des peuples dont l’identité et les droits ne sont pas reconnus. Alors que nous marchons ici main dans la main, dans notre pays, notre peuple est peut-être, comme chaque année, sous les jets de gaz lacrymogène. 
    ...
    La révolution du Rojava au Kurdistan de Syrie représente un nouveau point de départ pour les peuples opprimés et les travailleurs du Moyen-Orient et ailleurs dans le monde, afin de se réapproprier une autorité politique, ... de fonder un nouveau système basé sur le transfert de pouvoir au peuple, en tant que véritables dépositaires de ce pouvoir.

    Notre résistance contre les terroristes d’ISIS et leurs supporteurs internationaux n’a pas seulement pour but de protéger la vie et la dignité humaine mais aussi la résistance nécessaire pour défendre les réalisations de la révolution et un système basé sur une démocratie radicale et l’élimination des organisations hiérarchiques. 
    Maintenant, au travers des batailles héroïques de nos camarades des unités populaires de protection du peuple (YPG) et d’unités de protection des femmes (YPJ), les terroristes ont été chassés de la ville...

    Leur résistance est entrée dans une phase plus difficile qui est celle de la restauration de la vie sociale à Kobané, qui subit un siège sur le plan économique et logistique, où près de 80% des structures ... vitales ont été détruites.

    Nous, immigrés du Kurdistan, sommes dans la rue le 1er mai avec les travailleurs, les fonctionnaires, les chômeurs, les pauvres, les femmes et les jeunes, pour une vie digne, pour la paix, la liberté et la démocratie.

    Bonne fête du 1er mai, journée d’union, de lutte et de solidarité,

    à tous les travailleurs et tous les peuples opprimés !DSC_4843.jpg

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    Pour voir la suite des photos ->

    http://www.photographygeneva.com/lens_galleries/1er-mai-2015-fete-internationale-des-travailleuses-et-des-travailleurs/