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Demir SÖNMEZ - Page 543

  • Lettre de la prisonnière politique Güler Zere, peut-être la dernière !

     

    Lettre de la prisonnière politique

    Güler Zere,

    peut-être la dernière !

     

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    Lettre de Güler Zere

    Bonjour,

     

     

    En ce moment, quelque part dans la nuit, j’entends votre voix, une fois de plus.

     

     

    Comme votre voix me parvient, je sais que vous entendez la mienne. Vos battements de cœur se mêlent aux miens. Et c’est un cœur immense qui naît sous mon flanc gauche.

     

     

    Le cœur… comme il est plein notre cœur… Que n’avons-nous pas réussi à contenir dans nos coeurs.

     

     

    Dans mon cœur, il y a tant de choses. Tout d’abord, le grand bien aimé, puis nos parfums d’œillets, ceux qui sont à mon chevet et dont l’odeur s’est mêlée à celui des fleurs des montagnes, vous, les âmes qui me sont chères, tous ceux que j’aime, toutes les choses que j’ai laissées à moitié, tous ceux dont je ressens l’affection...

     

     

    A chaque fois que mon cœur se resserre, que mon corps se tord de douleur, je vous ressens au bout de mes doigts, vos yeux effleurent les miens, cette petite cellule se mêle à la multitude et une polyphonie vocale en jaillit. J’en demeure pétrifiée. Je réponds à chaque son par un sourire. De manière involontaire, spontanée. Et vous accueillez chaque râle qui s’arrache de mes entrailles avec vos yeux souriants.

     

     

    Que vous soyez à mon chevet, sur le pas de ma porte, à un pas de moi, dans la rue, dans n’importe quelle ville, que vous soyez assis devant l’Institut médicolégal ou ailleurs, je vous ressens. Votre chaleur, votre force et vos voix m’enlacent. C’est pour cela que je garde la tête haute à chaque fois que le mal me traque. C’est grâce à cela que je me prête à lui faire un croche-pied. Vous êtes avec moi, dès lors, qu’importe le reste !

     

     

    Lorsqu’au détour d’un court chemin, vos yeux croisent les miens, mon cœur s’affole comme un moineau.

     

     

    Oui, c’est de vous que je parle, mes cœurs braves aussi ardents que les canicules d’Adana aux yeux aussi étincelants que le reflet de la lune dans le fleuve Seyhan. Je vous aime. Vous ne campez pas devant ma porte, mais au beau milieu de mon coeur.

     

     

    Et puis il y a ceux qui attendent, assis, dans la ville de mon combat. Vous êtes là depuis des jours et qui sait le nombre de fois que je me suis étendue vers vous ? Je m’allonge et vous atteins en touchant votre espérance. Vous savez, cet état de sublimation où la voix de vos cœurs se mêle à la sueur de vos yeux. Je suis sans cesse avec vous. A tel point que c’est en me multipliant que je m’en retourne à ma cellule. Et à chaque fois, c’est avec votre force que je terrasse ma cellule. J’enlace vos mains de tout mon cœur, de toutes mes forces.

     

     

    Et puis il y a ceux qui se trouvent dans les profondeurs tumultueuses de mon âme. Ceux qui inlassablement viennent à moi, la plume chargée de tendresse, de camaraderie, d’amitié. Eux, les coursiers de l’espoir. Ces camarades qui sont l’âme de mon âme. Comment exprimer la douleur engendrée par votre absence ? Vous me manquez tant. Je vous aime tant...

     

     

    Et puis, il y a tous nos amis dans ce combat. Vous, dont le cœur amical a toujours été à mes côtés. Vous n’avez cessé de faire ressentir votre présence. En joignant votre voix à la mienne, vous m’avez empli de ce sentiment particulièrement réconfortant que procure la présence d’un ami dans le combat. Je vous envoie un sourire amical empli d’amour et de lutte... Saluts à vous tous.

     

     

    Quoique je dise ou que je fasse, cela sera insuffisant, incomplet, je le sais. Le mieux est donc que je prenne congé de vous ici même. Mais je garde les yeux plantés dans les profondeurs de vos yeux afin que vous voyiez la profondeur de l’amour que je vous porte. En finissant ma lettre, je veux le redire : je vous aime, je vous aime tant !

     

     

    Güler Zere

     

     

    1er septembre 2009

     

    Hôpital de Balcali, Adana

     

     

     

     

     

    Nous publions une lettre de Güler Zere, prisonnière du DHKP-C (Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple), d’origine kurde, âgée de 37 ans, capturée en 1995 lors d’une opération de ratissage de l’armée visant la guerilla du DHKP-C dans les montagnes du Dersim, condamnée par la Cour de sûreté de l’Etat (DGM) de Malatya à perpétuité en tant que membre du mouvement marxiste, incarcérée depuis 14 ans, atteinte d’un cancer terminal à la bouche et libérable pour raisons de santé mais arbitrairement maintenue en détention alors que les militaires putschistes du réseau fasciste « Ergenekon » accusés de vouloir renverser le gouvernement AKP ont récemment été libérés pour de simples maux de tête après seulement quelques semaines de détention.

     

     

    Güler Zere a écrit cette lettre le 1er septembre 2009 depuis l’hôpital de Balcali (Adana, sud de la Turquie) où elle est soignée en captivité. Cette lettre est adressée avant à ces amis et camarades qui campent devant l’hôpital, à ceux qui tiennent un sit-in devant l’Institut médico-légal à Istanbul mais aussi à ces innombrables soutiens qui luttent pour sa libération.

     

    Güler est mourante. Güler ne peut plus se nourrir. Güler ne peut plus parler.

     

     

    Elle peut encore juste nous écrire. Mais pour combien de temps encore ?

     

     

    A cet Etat cruel qui l’a laissé mourir à petits feux, nous disons haut et fort :

     

     

    Laissez-là au moins mourir sans menottes aux poings !

     

     

    Laissez-là mourir libre !

     

     

    (comitedeslibertes@gmail.com, le 3 septembre 2009)

     

     

    http://www.info-turk.be/373.htm#Lettre

     

     

    www.assmp.org

     

     

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  • Les kurdes veulent une paix honorable !

    Manifestation de Kurdes pour réclamer une paix "honorable"

     

     

     

    Des milliers de Kurdes se sont rassemblés mardi sur une place de Diyarbakir (sud-est), la principale ville kurde de Turquie, pour réclamer une paix "honorable" dans l’attente de réformes promises par le gouvernement pour mettre fin au conflit kurde.

     

    Venus des provinces du sud-est anatolien, peuplé majoritairement de Kurdes, à l’appel du Parti pour une société démocratique (DTP, pro-kurde), les manifestants dansaient aux mélodies des chants folkloriques sur la place de la gare, en centre-ville, a constaté l’AFP.

     

    Les Kurdes de Turquie fêtent le 1er septembre comme une journée de la paix.

    Les manifestants portaient des effigies du chef rebelle kurde emprisonné Abdullah Öcalan et arboraient des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire : "La solution du problème kurde ne peut être reportée".

     

    La manifestation, baptisée "Oui à une paix honorable", intervient alors que le gouvernement turc mène depuis juillet une campagne politique pour venir à bout d’une rébellion armée kurde vieille de 25 ans et qui a coûté la vie à 45.000 personnes.

     

    Une manifestation similaire était organisée par le DTP à Istanbul où environ 5.000 personnes se sont rassemblées sur la place de Kadiköy (sur la rive asiatique), selon les médias.

     

    L’opposition parlementaire est très hostile aux efforts du gouvernement, craignant pour l’unité du pays tandis que les milieux kurdes, dont le DTP, jugent qu’ils n’iront pas assez loin.

     

    Le chef du PKK Öcalan devrait de son côté annoncer depuis sa prison une "feuille de route" pour la question kurde. (AFP, 1 sept 2009)

     

     

     

    http://www.info-turk.be/373.htm#Manifestation

    www.assmp.org

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  • Nous vous appelons à arrêter cette mort tous ensemble !

    Nous vous appelons à arrêter cette mort tous ensemble !

     

    GULER ZERE.jpg

     

    Nouvel appel pour la libération de la prisonnière Güler Zere

    Güler ZERE est une détenue politique incarcérée depuis 14 années.  Aujourd'hui, elle se trouve à la chambre pour les détenus de l'hôpital "Balcali" de la Faculté de la Médecine de l'Université de Cukurova (Adana).

    Güler ZERE est privée du diagnostic à temps  et les soins efficaces à cause de l'isolement/traitement qui est en vigueur dans les prisons de la Turquie.



    Encore, aujourd'hui, Güler ZERE est privée des soins suffisants. Il y a le risque de vie.



    Les médecins spécialistes du département d'oncologie et de l'ophtalmologie de l'hôpital de l'université où Güler ZERE est soignée ont établie deux rapports médicaux.



    Ces rapports ont été demandés par le procureur général de la République d'Elbistan (la ville de la prison de Güler) en vertu de l'article 16/2 de la loi 5275 qui concerne l'Exécution des Peines et des Sécurités.

    Le procureur compétent est lui puisque Güler était dans la prison d'Elbistan jusqu'a son transfert à l'hôpital.



    L'article concerné est libellé :



    "(...) Pour les autres maladies, l'exécution de la peine continue dans les sections pour les détenus des institutions de santé officielles. Mais, même dans ce cas, si l'exécution de la peine de la prison constitue un danger précis pour la vie du détenu, il y a le sursis à  l'exécution de la peine jusqu'à la guérison du détenu."

    Le premier rapport établi par l'Université dit qu'il est impossible de soigner Güler ZERE dans les conditions de la prison et le deuxième rapport de l'Université dit que les soins pour Güler dans les sections pour les détenus des institutions de santé officielles non plus est possible.

    En conséquence, les résultats communs des deux rapports déclarent que Güler ZERE a un risque de vie et un sursis à l'exécution de sa peine est nécessaire.



    Le parquet d'Elbistan a envoyé ces rapports à la troisième section de la Médecine Légale d'Istanbul en se basant sur la circulaire de 01.01.2006/21 du Ministère de la Justice qui concerne "le sursis à l'exécution de la peine de prison à cause de la maladie".

    L'article de la circulaire est libellé:



    "(...) En cas de la contradiction dans les rapports établis par la Médecine Légale ou dans les rapports confirmés par la Médecine Légale et établis par les conseilles de santé des hôpitaux concernés ou dans le cas où le contenu des rapports n'est pas suffisant pour former une décision, il est nécessaire de demander un rapport Au Conseil Général de la Médecine Légale(...)".



    Le Ministère de la Justice, en se basant sur cette circulaire, prévoit le contrôle des opinions médicales des professeurs et des maitres de conférences de la Faculté de la Médecine spécialistes dans leur domaine par les fonctionnaires de la Médecine Légale qui dépendent de la Ministère de la Justice.

     

     

     

     



    Apres un voyage de 14 heures, on a traduit Güler ZERE devant le conseil de la Médecine Légale qui a fait un examen de 5 minutes.

    Le résultat est "il n'est pas nécessaire un sursis à l'exécution de la peine".

    L'examen de la Médecine Légale n'est pas scientifique.


    Les médecins spécialistes qui sont le personnel de l'Institution de la Médecine Légale contrôlent les rapports de leurs professeurs et de leurs maitres de conférences.



    Il y a plusieurs exemples qui démontrent que la Médecine Légale n'est pas impartiale et équitable. En plus, à cause des fautes scientifiques et des fautes de droit, le président de la République a demandé le contrôle de cette Institution par l'Institution de Contrôle de l'Etat.

    La situation de Güler ZERE s'aggrave et l'Etat l'a abandonnée à la mort puisqu'elle est privée des soins efficaces, du moral, de libre choix de médecin et des soins alternatifs.



    Le Ministère de la Justice doit corriger immédiatement sa faute de suivre la circulaire no.21 et doit laisser faire contrôler les rapports des Conseilles des Universités par l'Institution de la Médecine Légale.

    Cette appréhension n'a pas une base légale et scientifique.


    Güler ZERE doit être libérée immédiatement avec un sursis à l'exécution de sa peine en vertu de l'article 16/2 de la loi 5275.



    Nous vous appelons d'arrêter cette mort et empêcher la mort de Güler ZERE devant nos yeux.



    Pour cette raison, vous pouvez envoyer une télécopie ou vous pouvez appeler le Ministère de la Justice de la Turquie pour la libération de Güler ZERE.

    Vous pouvez protester cette situation. Vous pouvez écrire une lettre de la solidarité à Güler ZERE.



    Nous vous appelons à arrêter cette mort tous ensemble.



    Pour soutien à Güler ZERE, vous pouvez écrire à cette adresse:



    Güler ZERE


    Çukurova Universitesi Balcali Araştırma Hastanesi Mahkum Koğuşu

    ADANA – TURQUIE

    et
    Karatas Hapishanesi (Prison de KARATAS)


    ADANA – TURQUIE

     

    laha_kemoterapi.jpg

     

    Protestation auprès du Ministère de la Justice:

     

    Envoyez vos lettres de protestation au ministère turc de la justice :

    M. Sadullah ERGIN, Ministre de la Justice

    Republic of Turkey

    Ministry of Justice

    06669 ANKARA

    Courriel : sadullahergin@adalet.gov.tr

    TEL: 90(312)417 77 70


    FAX: 90(312)419 33 70

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    Maison du Peuple de Genève

     

    Demir SÖNMEZ

     

    www.assmp.org

     

     

     

     

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